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Untitled for (Agnes Martin)
BEN OWEN, SCOTT ALLISON
(Winds Measure 2013)

Review by Flavien Gillié

Peindre et s’effacer.

Un long silence emplit l’atmosphère

Un silence qui est tout sauf le vide, le premier titre pose les jalons, l’oeuvre s’annonce exigeante et on s’en réjouit par avance.

Le silence devient un souffle lointain, un bruit blanc à peine entrecoupé ça et là de quelques interférences, les deux artistes, Scott Allison et Ben Owen préparent leur ouvrage, méticuleusement, branchent des micros et des câbles, convoquent l’électricité et ses fréquences immuables pour créer un album inspiré par l’oeuvre de la peintre Agnès Martin.

Au-delà des toiles d’Agnès Martin on a aussi en mémoire une interview filmée, où il est question d’humilité et modestie, on apprécie bien sûr son point de vue extrême lorsqu’elle déclare que l’artiste ne mérite aucun crédit, qu’il suit une inspiration et se fait vecteur de sa création, oeuvre en devenir.

Les deux artistes appliquent à leur musique la démarche picturale d’Agnès Martin, tournent le dos au monde pour mieux l’appréhender, ils cheminent dans l’abstraction avec une touchante retenue, emplissent l’espace sonore de la vibration d’objets, de prises de sons subtiles, le tout entrelacé d’ondulations électromagnétiques. Certaines pièces se situent aux frontières de l’audible, des ondes sinusoïdales de fréquence élevées viennent effacer le reste du spectre qu’il nous est ici donné à entendre, puis les autres objets sonores réapparaissent, n’avaient en fait pas quitté la trame narrative, on les redécouvre comme en surimpression.

L’album finit sur un bourdon électrique, comme une longue contemplation, le son se désagrège subtilement par instants, les deux artistes jouent avec la panoramique, chaque haut-parleur est traité comme une piste indépendante, et quand l’interférence disparait c’est pour faire place à des voix, un retour vers l’extérieur, vers le monde, pour mieux le rencontrer.

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[Scott Allison: left, Ben Owen: right]

Translation to English -by Sismophone-

To paint and fade away

A long silence fills the atmosphere.

A silence that is anything but void, the first track paves the way for an opus that promises to be demanding ; let us rejoice.

Silence becomes a remote blow, a white noise hardly shredded by scarce interferences, the two artists,  Scott Allison and Ben Owen, prepare their work, with the highest precaution, plug mikes and cables, invoke electricity and it’s immutable frequencies to create this album, inspired by Agnès Martin’s painting.

Beyond Agnès Martin’s paintings, one recalls a filmed interview, where it is all about modesty and humility, one also surely appreciates her extreme point of view when she claims that the artist deserves any credit, that he solely follows some inspiration and is just a vector of his creation, a developing opus.

The two artists apply to their music the pictorial approach of Agnès Martin, turn their back on the world to grasp it better, they stroll in abstraction with a touching restraint, fill sound space of objects vibration, subtle recordings, all being interlaced with electromagnetic undulations. Some of the pieces lay at the border of audibility, highly pitched sine waves crush the rest of the spectrum supposed to be listened to, then other sound sources reappear although they in fact did not leave the narrative thread, but one rediscovers them as layed over.

The album ends with an electric drone, as a long contemplation, sometimes sound crumbles elegantly, both artists play with pan sound, each loudspeaker is treated as a separate track, and when interference fade out, voices occupy space, as a return to the outside, to the world, for a better encounter.

Scott Allison website
Ben Owen website
Winds Measure website