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Archaic variations: Localization. VA
(Obs 2012)

Review by Flavien Gillié

John Grzinich dans une réflexion publiée sur le Field Reporter disait récemment  :

‘In the mid-90s we were saying ‘I guess we’ll call what we’re doing “experimental music” ‘

Cette phrase se prête bien à cette compilation parue sur le label Obs qui dresse un panorama d’artistes dont le style va de la composition électro-acoustique, au drone en passant par l’enregistrement de terrain, de l’expérimental, donc.

Voici un retour sur cette écoute, ces écoutes tant il est vrai que la qualité de ce disque permet d’y revenir souvent.

Avec les premières pièces proposées on est dans la mémoire, Emmanuel Miéville et Richard Garet nous donnent à entendre des fragments de voix nimbés de drones lancinants, l’écho lointain d’un monde disparu. Il y a du hasard, des ruptures, les pièces sont de qualité, chaque nouvelle écoute dévoile d’autres facettes selon que l’on va focaliser sur le field recording ou sur le bourdonnement, l’harmonique.

La pièce de Takanobu Hoshino amorce un tournant plus acoustique, nous fait passer de l’extérieur à l’intérieur, et avec une excellente maîtrise focalise au dehors sur le presque silence autour d’un ruisseau, quant à l’intérieur amplifie les sons, une démarche en équilibre.

Chris Whitehead adopte pour sa part une composition documentaire, interroge la mémoire du lieu où il vit, retourne aux sources de cérémonies ancestrales, le tout enluminé par un étrange piano.

Zero Centigrade utilise un instrument désaccordé, propose une écoute au plus près de l’instrument, le frotte, le fait glisser, fait littéralement corps avec.

Jim Haynes compose une pièce électromagnétique, extrait de ce qui l’entoure des perturbations que l’on pourrait trouver inquiétantes, mais on les sait sous son contrôle et l’on s’en remet dès lors totalement à lui.

Radioson amorce un changement d’écoute dans cette compilation, la radio devient un espace mémoriel, l’écoute est intime, entre deux fréquences, des voix au loin tentent de nous délivrer un dernier message.

Gregory Buttner travaille sur le mécanisme de la répétition, la même source sonore dans différentes conditions, une pièce envoûtante.

Ben Owen radicalise la spatialisation, l’écoute devient presque autonome selon que l’on s’approche du canal gauche ou droit, créant ainsi un espace où l’auditeur peut faire lui-même la balance de ce qu’il désire entendre, devenant ainsi ludion quelque part dans les méandres d’une radio.

Tout autre est la pièce de Francisco Merino, qui, si elle garde l’interférence hertzienne comme lointaine ossature, s’aventure dans l’accident de terrain, la rupture franche, l’intranquilité comme mode d’existence.

On parlera de son blanc pour le morceau final de Dasein, distorsions et voix dont la perception de violence serait sans doute augmentée dans le cadre d’une performance concert.

Au final cette compilation réussit le pari de créer une homogénéité malgré les différences adoptées par chaque artiste dans la composition, Denis Shapovalov patron du label Obs a su ici faire une sélection et un agencement des plus pertinents.

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Translation to English -by Sismophone-

In a recent essay published in the Field Reporter, John Grzinich reported this thought from the mid-90’s,

‘In the mid-90s we were saying ‘I guess we’ll call what we’re doing “experimental music” ‘

This sentence relates very well to this compilation released on the Obs label, providing an overview of artists whose styles range from electro-acoustic composition to drones, through field recording, … thus experimental music.

Here is my feedback on the listening, the listenings I should say, as the quality of this disc appeals for being back to it often.

With the first pieces, one stands in memory, Emmanuel Miéville and Richard Garet grace our ears with fragmented voices haloed with throbbing drones, remote echo of a forgotten world. There is randomness, breakings, pieces are of the highest quality, every new listening unveils other facets depending on one’s ear focus, either on the field recordings or on the buzz, the harmonics.

The piece by Takanobu Hoshino moves to acoustics, brings us inside from outside, and with great talent focuses as well on the almost silent outside brook as on the amplified inside sounds, an equilibrated approach.

Chris Whitehead adopts a documentary composition, questions the memory of it’s living place, walks back to the roots of ancestrial ceremonies, all being illuminated by a strange piano.

Zero Centigrade uses some untuned instrument, shares a close by listening, rubs it, makes it slide, and gets totally embodied in it.

Jim Haynes composes an electromagnetic piece, extracts from it’s surroundings these perturbations that one considers spooky, but acknowledges that they are under control… Then one totally relies upon him.

With Radioson occurs a paradigm shift in listening, radio becomes a memory space, listening is intimate, between two frequencies, remote voices try to deliver us a last message.

Gregory Buttner works with the mechanism of repetition, the same sound source in various conditions, a bewitching piece.

With Ben Owen, spatialization gets radical, listening being almost autonomous whether one approaches from left or right channel, creating an area where people can balance themselves the sounds that grace their ears, becoming some sort of Cartesian devil in the meanders of a radio.

Fully different is the piece by Francisco Merino, which, although keeping the hertzian interference as a vague skeleton, ventures in field accident, frank rupture, restlessness as modus vivendi.

The final track by Dasein is noticeable for his white, distorsions and voices whose perception of violence shall be definitely enhanced by a live performance.

To put it in a nutshell, this compilation successfully bets to create an homogeneity despite the different composition approach of each artist, thus Denis Shapovalov, boss of Obs label, highly pertinently selected and arranged these tracks.

Obs website