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Systemic Collapse. JAY-DEA LOPEZ
(Impulsive Habitat 2012)

Review by Flavien Gillié

Cet album de l’artiste australien Jay-Dea Lopez et paru sur le netlabel Impulsive Habitat nous donne à entendre une pièce de vingt minutes composée d’enregistrements de terrain recueillis vers la côte est de l’Australie, autour de Nimbin et Byron Bay. Des lieux de résistances où dans les années septante les communautés hippies ont lutté contre la déforestation industrielle.

Quelque chose ici prend place, de l’ordre de l’affrontement car la lutte n’en finit jamais, assourdissante. Petits ou grands insectes, tous vont au front, mais pour combien de temps encore dans ce combat inégal?

Jay-Dea Lopez a décidé dans ce nouvel opus de dresser un état des lieux sous le signe de l’inquiétude, de l’intranquilité. Un regard comme tourné vers l’abîme, d’une forêt en pâmoison, un combat qu’on n’ose qualifier de perdu d’avance entre les mandibules des insectes et la mécanique des engins qui avancent pour détruire.

La nuit est très sombre, il y a ici comme une envie de disparaitre, faire corps avec les insectes, ou bien de ce corps inutile leur en faire offrande, geste désespéré qui ne rachètera jamais la disparition programmée de leur espace naturel, mais qui pourrait faire place à une forme de rédemption, celle des vaincus dans une vision catastrophiste, destruction et effondrement, le progrès mécanique étant ici le nouveau totalitarisme.

Jay-Dea Lopez fait ici oeuvre d’historien, disciple de Walter Benjamin il capte ici ce profond souffle d’air qui détruit tout sur son passage, la forêt recule, inexorablement, les stridences des insectes sont déjà abolies, s’en vont diminuant, dans ce combat inégal les vaincus disparaissent, et l’écoute ne ressuscite rien, ne console de rien, mais on réalise quand le silence revient ô combien ce travail est alors essentiel.

JDLOPEZ

[Jay-Dea Lopez, photo courtesy of Impulsive Habitat]

Translation to English -by Sismophone-

This album by australian artist Jay-Dea Lopez, released on Impulsive Habitat, is made of a twenty minutes piece composed of field recordings gathered on the australian west coast around Nimbin and Byron Bay. Places of resistance in the 70’s, where hippies communities fought against industrial deforestation.

Something here takes place, related to confrontation as this deafening battle royal never ends. Small or big insects, all go to the war, but how long can they resist this unequal clash?

In this new opus, Jay-Dea Lopez decides to draw up a state of affairs filled with worries and anxiety. A gaze as turned to the chasm, a forest into a swoon, a struggle no one dares to state already lost between insects mandibles and the mechanics of machines going forward in an inflexible destruction march.

The night is very dark, there is an eagerness to disappear, to unite with insects, or even of this useless body do an offering to them, a desperate gesture that would never redeem the programmed extinction of their natural space, although it could allow some form of redemption, the one of the defeated in a catastrophist vision, destruction and breakdown, mechanical progress being here the new totalitarianism.

Jay-Dea Lopez acts as an historian, disciple of Walter Benjamin, capturing this deep blow of air devastating everything on it’s way, the forest moves back,  relentlessly, insect stridencies are already abolished, inexorably vanishing, in this unfair struggle the vanquished disappear, and listening resurrects nothing, soothes nothing, but one realizes when silence is back how essential this work is.

Jay-Dea Lopez website
Impulsive Habitat website