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Exotic exit. VANESSA ROSSETTO
(Kye 2012)

Review by Daniel Crokaert

Some cracked asphalt in vintage washed-out colors…

In the mid-distance, a deserted parking zone, and perhaps a stranded motel or shopping mall in a no man’s land…

The sleeve of “Exotic Exit” seems willing to kill from the start any promise of eden, any illusion of paradise, albeit sketching out unusual vanishing points and tangents…

The escape, the self-realization is in the small details themselves…

Vanessa Rossetto looks not much interested in the surrounding things per se, but takes a firm pleasure out of the improbable ramifications between them…out of the tenuous…
…stones covered with moss over time…vegetation springing unrehearsedly up from the interstices…a contrast of tones, an unexpected light, a play of shadows……voices from real life situations rubbing with daily noises & sounds…
all a range of fortuitous encounters transformed into waves filling the composition…

Fly-on-the-wall field recordings interfere with snippets of viola, violin, cello within audacious patchwork structures bringing the whole montage to an higher plane…

It is as if life is decomposed, and constantly recomposed in front of us in a voracious weird sound assemblage…

Vanessa’s deep involvement into her own soundworld makes from each ensuing work something terribly personal, and of obsessive nature…

Some people have difficulties in considering the use of field recordings as pertinent or even serious, thinking of them as “no real music”, simple captures without any specific merits other than their technicity, intrinsic recording quality or appropriate mimicry of “nature”…
“Exotic Exit” is there to bear the contrary, and displays the enormous potential of cross-breeding, confrontation…Vanessa Rossetto’s stunning bric-a brac constructions pave the way for new directions away from any rut…

An exotic exit might even be just around the corner…

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[Vanessa Rossetto]

– Translation to French-

De l’asphalte craquelé dans des tons délavés quelque peu rétro…
A moyenne distance, ce qui ressemble à une zone de parking déserte, et peut-être un motel isolé ou un centre commercial au milieu d’un no-man’s-land…

la pochette d’”Exotic Exit” paraît vouloir d’emblée tuer toute promesse d’éden, d’illusion du paradis, tout en esquissant d’inhabituels points de fuite et tangentes…

L’échappatoire, la réalisation de soi est inscrite au sein des petits détails eux-mêmes…

Vanessa Rossetto ne semble pas trop intéressée par les choses environnantes elles mêmes, mais prend un plaisir non dissimulé dans les improbables ramifications entre elles…dans le ténu…

…des pierres garnies de mousse au fil du temps…de la végétation jaillissant de façon impromptue des interstices…un contraste de couleurs, une lumière inattendue, un jeu d’ombres…des voix en situation réelle côtoyant les bruits/sons du quotidien…

tout un éventail de rencontres fortuites qui comme transformées en ondes peuplent la composition…

Les captures de sons pris sur le vif interfèrent avec des bribes de viole, violon, cello à l’intérieur d’audacieuses structures en patchwork sublimant le montage…

C’est comme si la vie est décomposée, et constamment recomposée en face de nous dans un vorace et bizarre assemblage sonore…

La profonde implication de Vanessa dans son propre monde sonore fait du travail qui en découle quelques chose d’éminemment personnel, et de nature obsessionnelle…

Certaines personnes semblent avoir des difficultés à considérer l’usage de photographies sonores comme pertinent, n’y voyant pas de réelle musique, mais de simples enregistrements extraits du réel sans autre mérite spécifique que leur technicité, leur qualité de “nature” restituée…”Exotic Exit” prouve le contraire, et affiche l’énorme potentiel du métissage, de la confrontation…les stupéfiantes constructions bric-à-brac de Vanessa Rossetto ouvrent la voie pour de nouvelles directions loin de toute ornière…

La proximité n’empêche définitivement pas le dépaysement !

Vanessa Rossetto website
Kye website