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In Berlin. DIKTAT
(Harsh Media 2012)

Review by Flavién Gillié

Libres comme l’air

Parce qu’ils sont su s’affranchir du studio, quitter les salles feutrées dédiées au free jazz et autres musiques nouvelles grassement subventionnées, les membres de Diktat ont gagné haut la main une chronique dans les colonnes du Field Reporter, pour reprendre une vieille réclame de la radio française, le magazine de ceux qui ont quelque chose entre les oreilles.

Ici, les concerts sont enregistrés comme leur musique, dans l’urgence d’une énergie farouche. Ils jouent en extérieur, près d’un fleuve, parfois dans des galeries et les murs disparaissent. Mais qui sont-ils? Un peu punk, un peu académiciens, le quatuor se compose de Jean Bordé à la contrebasse, d’Emmanuel Rébus, de Rinus van Alebeek et de Harold Schellinx chacun expert es-dictaphones. Et ça s’entrechoque, le microphone servant à enregistrer les performances n’est jamais éloigné de la contrebasse, et les dictaphones viennent emplir l’espace. Enregistrement sauvage d’enregistrements sauvages, journal audio intime et ses larsens intrinsèques, bandes trouvées au hasard d’une brocante, des années d’archives se retrouvent ainsi condensées dans chaque morceau.

Cet album est sorti pour financer une tournée américaine, ils en sont revenus depuis quelques mois, la chronique vient sans doute en retard pour ce dessein initial, mais si elle permet d’en réaliser une autre, alors assurément ça en vaudra la peine.

Et Plus on réécoute cet album sauvage, plus on repense à Moondog qui jouait dans la rue et a fini sa vie en Allemagne. Là où Diktat a enregistré, peut-être ceux-ci en sont-ils les dignes héritiers.

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[Jean Bordé, Emmanuel Rébus, Rinus van Alebeek, Harold Schellinx]

– Translation to English 

Free as the air

Since they could set free from studios, abandon these cosy rooms dedicated to free jazz and accompanying new musics fed from public funds, members of Diktat brilliantly gained a Field Reporter chronicle, “the magazine for those who have something between their ears”, to recall an old french radio advertisement.

Their concerts are recorded as is their music, in the emergency of a wild energy. They play outside, along a river, sometimes in galleries and walls disappear. But who are they? A little punks, a little academicians, this quatuor is composed of Jean Bordé on double bass and of three masters of dictaphones, Emmanuel Rébus, Rinus van Alebeek and Harold Schellinx. It rattles, as the recording microphone is never really far from double bass, and dictaphones come and fill space. Wild recording of wild performances, intimate audio journal with intrinsic larsens, randomly found tapes in some flee markets, years of archive end up here condensed in every track.

This album was released to raise money for an american tour, they returned for a few monthes already, hence this chronicle presumably arises a little late for this initial aim, but if it ends up helping to fund another tour, wouldn’t it be just totally worth it?

And the more one listens to this fierce album, the more come to one’s mind Moondog, who played in streets and ended his life in Germany. This choice to record this Diktat in Berlin makes even stronger the assertion that those four are indeed the dignified heritors of the incredibly missed Louis Thomas Hardin.

*by Sismophone

Diktat website
Harsh Media website