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The Diary Of  The Second Officer. REZO GLONTI
(Time Released Sound 2012)

Une telle musique peut faire vaciller l’âme.

L’artiste géorgien Rezo Glonti distille ici de savoureuses mélodies ambiantes intimement mêlées à des parcelles sonores, ses souvenirs ou ceux de son double imaginaire, officier en second d’un monde longtemps parcouru, puis rassemblé sur ces douze plages.

Les titres sont des lieux ou des déplacements, des rencontres toujours, l’album est résolument ouvert sur le monde, on n’aime guère les comparaisons car elles sont réductrices, mais ici on voudrait les écrire, pour donner à ce disque une place d’importance, parler des premiers Biosphere ou Black Dog, en un sens plus large évoquer des musiques mythiques, bouleversantes.

On ressent chez Rezo Glonti une introspection nécessaire à l’élaboration de l’oeuvre, entre le corps et l’étreinte du corps, le début d’une parole dans le jardin botanique de Batumi, un sanglot peut-être. La rigueur mécanique du temps implose, l’espace s’ouvre sur un monde à la fois silencieux et infiniment dense, le capitaine s’efface et l’officier en second accepte alors son destin, non pas celui de se faire comprendre, mais bien plutôt celui de faire saisir ce qui ne peut être entendu dans le langage quotidien.

L’album, lit-on au dos du disque, a été composé avec une installation minimale, un petit clavier midi, un magnétophone de poche, un ordinateur portable et un casque. Un matériel accessible à tout artiste, mais bien peu seraient à ce point capables d’en donner à entendre ce spectacle primordial que l’on ne se lassera pas de contempler de si tôt.

-Flavien Gillié

[Rezo Glonti, photo author Ani Chorgolashvili]

(Translation to English)

Such music can topple the soul.

The georgian artist Rezo Glonti sprinkles us with delightful ambient melodies intimately combined to sonic chunks, his memories or those of his imaginary doppelgänger, second officer of a widely wandered world, then distilled into these twelves tracks.

Titles are places or trips, encounters always, the album is resolutely open to the world; one hardly likes comparisons as they are reductive, but would definitely write them anyways, to give this disc a greater extent, mention the first Biosphere’s or Black Dog’s, in a wider sense evoke mythic moving musics.

One feels in Rezo Glonti’s sounds an introspection necessary to the opus elaboration, halfway between body and embrace, a very first word in Batumi’s botanic garden, a weep maybe. The rigorous mechanics of time implodes, space opens on a silent world as well as infinitely dense, the captain disappears and second officer acknowledges his fate, not the fate to be understood, but rather to make others aware of what cannot be heard in daily language.

The album, as stated on back cover, was composed with a minimal setup, a small midi keyboard, a pocket tape recorder, a laptop computer and headphones; everything truly available to any artist, although very few would (like him) extract of it this primeval spectacle whose contemplation we are not nearly to be fed up with.

-Flavien Gillié, translation by Sismophone

Rezo Glonti website
Time Released Sound