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Concert for no-one. SIMON WHETHAM
(Impulsive Habitat 2012)

Review by Flavien Gillié

Capturer l’essence d’un lieu, le faire résonner sans pour autant s’effacer, faire de son corps en mouvement une partie prenante de la performance, aussi petit soit-on face à une cathédrale indifférente, promise au sort commun à de nombreux bâtiments, une forme trompeuse où l’on remodèle l’intérieur, détruisant tout l’espace, n’en gardant que les murs de façade.

L’artiste nous donne à écouter trois prises de sons superposées, d’où se dégage une immédiate sensation de proche et de lointain en simultané, les microphones ayant été placés dans différentes parties de la cathédrale.

Il y a quelque chose de l’ordre de l’isolement, c’est une oeuvre empreinte de solitude, mais avant tout c’est aussi une oeuvre engagée, comme un témoignage retrouvé du dernier résident, une trace d’avant la fin.

Oh bien sûr il n’est pas aussi seul qu’il l’écrit, on entend quelques pigeons, oiseaux de falaises ayant trouvé leur nid dans ce lieu abandonné. Il s’entoure par ailleurs d’une guitare et d’un e-bow, crée un onde stationnaire qui vient nimber l’espace. Il précise par ailleurs qu’il avait prévu d’enregistrer la harpiste Rebecca Sharp, des changements de calendrier l’ont contraint à venir seul, et c’est peut-être mieux. Loin de nous l’idée de dénigrer les qualités de son amie musicienne, mais certains lieux, nécessitent qu’on s’y rende dans la plus grande solitude, et ici c’en est un.

A bien prêter l’oreille on entend peu avant la fin une ambulance qui passe au loin, ça n’a rien d’anodin car autour le silence était presque total, hormis une corde en vibration sous l’e-bow, qui n’est pas sans rappeler le son d’un électrocardiogramme plat, quand le coeur de la cathédrale a cessé de battre, mourant seule, l’ambulance est passée, véhicule trop petit pour un si grand malade.

Seuls les pigeons subsistent au final, quand s’éteint la dernière pulsation vitale, quand on a rangé les chaises, quand il ne reste plus personne, sauf bien sûr les agents de l’immobilier.

L’artiste devient alors un prêtre isolé, et ce n’est pas tant un concert pour personne qu’une messe funèbre pour personne qu’il nous propose, une dernière cérémonie pour des ouailles disparues, à la mémoire d’un lieu de culte qui sera reconverti en espace de bureau, une religion chasse l’autre, pas forcément pour un mieux.

[Simon Whetham]

Translation to English

Translation by Sismophone

Capturing the essence of a place, making it resonate without fading, using his own moving body as an intrinsic part of the performance, as small as one can be in front of such a careless cathedral, doomed to the common end of numerous buildings, misleading shape whose interior is remodeled, destroying all space, keeping only the front walls.

The artist offers three superimposed sound recordings, out of which emanates an immediate feeling of closeness and remoteness together, as microphones were placed in different  locations in the cathedral.

There is something about isolation, it is a work marked with loneliness, but above all, it is a committed work, as a retrieved testimony from the last inhabitant, a trace from before the end.

Oh surely, he is not as alone as he claims to be, one hears some pigeons, cliff birds having built their nest in this abandoned spot. He also gains company, a guitar and an e-bow, creating a stationary wave that haloes space. Besides, he states that he had planned to record the harpist Rebecca Sharp, calendar issues forcing him to come alone, and that is probably better. Not the point to diminish the musical qualities of his friend, but certain locations appeal for an utter solitude, as this cathedral is.

Closely listening, one grabs almost at the end the distant siren of an ambulance, and this is just not trivial, as around silence was really total, unless the vibrating string below the e-bow, which recalls the pitch of a flat electrocardiogram, when the heart of the cathedral gave up beating, dying alone, ambulance has gone, too tiny vehicle for a so huge patient.

Only pigeons remain at the end, when disappears the last vital heartbeat, when chairs are tidied up, when there is no one left but the real estate agents, of course.

The artist becomes a remote priest, and what he proposes is not so much a concert for no one than a requiem mass, some last ceremony for a lost flock, in memoriam of a worship place soon to be converted into business spaces, one religion chases another away, not always for the better.

Simon Whetham website
Impuslive Habitat website