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Witch-hunt. PLEQ, HIROKI SASAJIMA
(Taâlem 2012)

Y a-t-il de nos jours sorcière désirable ? Peu nous chaut celle gothique moderne de notre société romantique à l’agonie, non, on choisit d’aimer la vraie, celle qui a expérimenté la brûlure des flammes sur son corps, celle dont on a tranché la langue avant de la faire monter sur le bûcher, de peur qu’elle ne profère une ultime malédiction à l’encontre de ses persécuteurs, mais est-ce bien cette figure que l’on espère retrouver ici sur l’album 3″ de Pleq et Hiroki Sasajima sorti chez le label japanophile Taâlem ?

On lance l’écoute, issue d’une rencontre entre ces deux artistes, l’approche introductive est un long souffle, résonance d’un esprit qui se rassemble, à peine émaillé de quelques clics, coupures ou incisions du corps qui se prépare.

Puis les cliquetis se font rapprochants, se mélangent à un chant nocturne d’insectes, nos connaissances entomologiques sont limitées mais on peut dire assurément que ce sont des insectes qui font meute, ou colonie pour reprendre le titre d’un bel album récent d’Hiroki Sasajima.

Peu avant la fin l’harmonie s’apaise, le souffle se fait ténu, laisse place à une attente, l’esprit et le corps de la sorcière sont bien devant nous, on s’offre pleinement à elle en espérant qu’elle se fasse succube, et inutile qu’elle nous jette son sort, nous lui sommes déjà pleinement dévoué. Qu’on ne compte pas sur nous pour être le chasseur de sorcière, d’ailleurs c’est bien simple nous sentons déjà la métamorphose agir, nous devenons scolopendre, nuée prête à attaquer quiconque tenterait de nous l’enlever, elle ou ce disque qui nous l’a si bien fait aimer.

Une note technique, une fois n’est pas coutume, le mastering de cet album a été assuré par Julien Cornu-Kuoch, tout comme quelques autres albums récemment parus chez Taâlem. Les musiques ambiantes demandent à ceux qui en assurent l’embellissement final une grande sensibilité, souhaitons que Taâlem continuera cette collaboration technique qui sied si bien à ce disque.


[Hiroki Sasajima: left, Pleq – Bartosz Dziadosz-: right]

-Flavien Gillié

(Translation to English)

Is there nowadays any desirable witch ? Carian for the modern gothic one vivid in an agonizing romantic society, very little indeed ! One surely prefers to love the authentic one, that experienced burns of fire to her body, the one whose tongue was severed before headed for the stake, fearing she uttered one last curse against her persecutors; but is this really the witch one hopes to meet on the 3” album by Pleq and SASAJIMA Hiroki, issued on the japan-loving label Taâlem?

One pushes “play”, starting the meeting of these two artists; introduction is a long breath, resonance of a rallying spirit, scarcely dusted with some clicks, cuts or incisions of the preparing body.

Then chinks intensify, mixing with a nocturnal insects buzz, and even with limited knowledge of entomology, one can ensure these are insects forming a pack, or a colony, reminiscent   of the beautiful recent SASAJIMA Hiroki album’s title.

Almost at the end, harmony lulls, breath gets tenuous, space is left for the expectancy, the spirit and the body of the witch are really there, in front of us, we totally abandon ourselves to her, hoping she becomes a succubus, and no need for her to devote, we are already devoted to her. Nobody may expect we become witch hunters, anyway, it is that simple, metamorphosis acts on us now, we become centipedes, a swarm ready to attack anyone who would try to take from our hands, either the witch or this disc that made us fond of her.

A final technical note, once is not always, this album was mastered by Julien Cornu-Kuoch, as were a few recent Taâlem issues. These ambient musics require as the final mastering touch a great sensitivity, hence let us wish that Taâlem will keep this technical collaboration that suits so nicely this disc.

-Flavien Gillié, translation by Sismophone

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