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Trazado oculto. JUAN JOSÉ CALARCO
(Mandorla 2012) 

Trazado Oculto’ is about the enigmatic, the guessed forms behind the translucent, the moving of sounds in the built space…

without knowing anything about their identity, their genesis, our ears are confronted at first with an animated uproar where one believes to detect
handymen neighbours, a workroom in turmoil, a session at a craftsman, a dentist, or perhaps the wings of an undertermined public place…

grinding, drilling, diverse manipulations noises, muffled and distant voices, echoes of the passage in other rooms…

actually a whole train of familiar sonorities, though indirect, modified by the surfaces or pipes they go through…

This sustained indistinctness around the sources, the shift in perception probably impede every accurate interpretational attempt,
but most of all, it sets the ground for the elaboration of our own stories, engaging the gears of imagination…

Juan José Calarco gives birth here to a largely disquieting and nervous montage…

Resorting to different planes, various listening positions, he makes us actors of scenes in a state of flux, and involves us
into a sort of mystery in motion…

The about 20 minutes composition only offers a brief reassurance around the half of its length where suddenly everything seems more internal,
under control, wrapped up…Next, initial sounds re-emerge, re-liven us up, only to regain a certain peacefulness in the very end…

Trazado Oculto’ questions the nature of sounds itself, their propagation through matters & surfaces, our connection to the artificial world…

An emphasis on contents instead of container…
A straight incision in the everyday anatomy where obscure vessels lead us to a still unknown heart…

-Daniel Crokaert

[Juan José Calarco photo courtesy of Unatrombamarina]

(French version)

Trazado Oculto’ nous parle du sibyllin, des formes devinées derrière le translucide, du déplacement des sons dans l’espace construit…

sans connaître leur identité, leur genèse, nos oreilles sont confrontées à un vif tumulte où l’on pense détecter voisins bricoleurs, atelier en ébullition, séance chez un artisan ou un dentiste, ou alors, les coulisses d’un endroit public indéterminé…des bruits de meulage, de fraisage, de manipulations diverses, des voix sourdes et distantes, des échos de passage dans d’autres pièces…en fait, tout un cortège de sonorités familières cependant indirectes, détournées, modifiées par les surfaces ou conduits qu’elles traversent…

Ce flou entretenu autour des sources, et le décalage de la perception empêchent sans doute toute tentative correcte d’interprétation, mais posent surtout les jalons pour l’élaboration de nos propres histoires, nous forçant à enclencher les rouages de l’imagination…

Juan José Calarco accouche ici d’un montage largement intranquille et nerveux…

Par le recours à différents plans, différentes positions d’écoute, il nous rend acteurs de scènes en devenir et nous fait participer à une sorte de mystère en mouvement…

La composition de plus ou moins 20 minutes ne connaît qu’un bref apaisement autour de la moitié de sa durée, où soudain tout est plus en dedans, maîtrisé, enveloppé…ensuite les sons initiaux ré-émergent, nous rebousculent pour ne retrouver une certaine quiétude qu’en toute fin…

Trazado Oculto’ interroge la nature même des sons, leur propagation à travers matières et surfaces, notre rapport au monde artificiel…

Un accent sur le contenu plutôt que le contenant…

Une incision franche dans l’anatomie du quotidien, où d’obscurs vaisseaux nous dirigent vers un coeur encore inconnu…

-Daniel Crokaert

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