125

 

Insecta. JEPH JERMAN & FIVE ELEMENTS MUSIC
(Still * Sleep 2011)

Jeph Jerman has a personal conception of what listening is shaped over the years & performances, and at the same time he maintains a very intimate relation with his environment, nature, matters and objects…here he shares his approach with Five Elements Music’s one, an other eulogist of the organic…

The result of this common gestation is a detour via a world sheltered from sight and governed by its own rules…

Insecta” doesn’t pretend to be a scientific transcription or observation, but more of a poetic narration, a narration brought up on the wanderings of our imaginary where prevails form expressiveness and suggestive force…and paradoxically enough, the real seems better defined that way…

Insecta” gives us to hear stridulations and buzzings, mandibles noises, the whole slowed down, mutated, rechoreographed around a driving its own progress framework…

The processed phonographies for their main part illustrate insectoid signal & behaviour through their variable habitat set against a background of bark murmurs & cracks, scrape on stones, smell of tepid humus, thin stream, other animal presence…

Each sound being an extra stroke on an elusive canvas with muddy tones…the gradual development of a topography of the unfathomable…

It consists in an high-flying exploration revolving around the shift, the inner feelings, the perception of the tenuous…like an incursion on tiptoe in an opaque sylvan zone…a vision through the other end of the telescope, a glow shed on the act of metamorphosis, the impermanence, and above all a reflection on this vague state of what is just on the threshold…

-Daniel Crokaert

(French version)

Jeph Jerman a une conception personnelle de l’écoute façonnée au fil des performances et des années, et entretient par la même occasion un rapport très intime avec ce qui l’entoure, nature, matières et objets…ici il partage son approche avec celle de Five Elements Music, autre apôtre de la déclinaison de l’organique…

Le résultat de cette gestation commune est un détour par un monde à l’abri du regard et régi par ses propres lois…
“Insecta” ne se veut pas transcription ou observation scientifique, mais plutôt narration poétique, narration nourrie des méandres de notre imaginaire où triomphe expressivité de la forme et force suggestive…et assez paradoxallement, le réel nous semble mieux cerné de cette façon…

Insecta” nous donne à entendre, stridulations et bourdonnements, bruits de mandibules, le tout ralenti, muté, rechoréographié autour d’une trame motrice de sa propre progression…

Les phonographies retraitées pour leur part essentielle illustrent comportement et signal insectoïde au travers de l’habitat variable sur fond des murmures et craquements de l’écorce, du raclement sur les pierres, de l’odeur de l’humus tiède, du fin ruissellement, d’autre présence animale…
Chaque son étant une touche supplémentaire sur un canevas fuyant aux tons terreux…l’élaboration graduelle d’une topographie de l’insondable…

Il s’agit d’une exploration de haut vol axée sur le décalage, le ressenti, la perception du ténu…comme une incursion sur la pointe des pieds dans une zone sylvestre opaque…une vision par l’autre bout de la lorgnette, une lueur jetée sur l’acte de métamorphose, l’impermanence, et avant tout une réflexion sur cet état flou de ce qui est juste à la lisière…

-Daniel Crokaert

Jeph Jerman website
Five Elements Music website
Still * Sleep website