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The fields remain while the recorder has long vanished. D’INCISE
(Impulsive Habitat 2012)

At the closest of its etymology, D’incise (aka Laurent Peter) cuts into the real as a matter, grasping it like a succession of moments of whom he applies himself to underline the edges, protuberances, and reliefs…

…as if only left were the shades, the outlines, snippets of voices, the wake of movements, spectral traces displayed in the style of Kirlian’s contact photography technique…so many blurred “silhouettes” haunting the field of action…emphasizing memories, giving them an anchoring…

The piece itself seems endowed with a own life, modeling its unreeling on a phenomenon of natural erosion.

Some details fray & fade, and an assemblage of selected sound scoriae lingers on of which the haunted layout pollinates an interlace of new trails…a kind of revisited essential skeleton…

An enormous mastery is needed by the artist to succeed in extracting himself from the landscape and engulfing us into these residual breathings, these brushings, and making us get a glimpse of something one can barely sense…

Colliding captured sounds, caught out from the everyday in constant dialogues of textures, D’incise clouds our easy reference points, depicting his own, ignoring innate demarcations & other contingencies…

…a recombinatorial work receptive to the world and the evanescent, where the human being tangles with the mineral, the vegetable, the artificial…a work which as the title suggests looks into our finitude opposed to the immutability of things…but rather than inducing an unrelenting melancholy, it strangely magnifies us…

-Daniel Crokaert

(French version)

Au plus près de son étymologie, D’incise (Laurent Peter) entame ici le réel comme une matière, l’appréhendant comme une succession de moments, d’instants passagers dont il s’applique à souligner les arêtes, saillies et reliefs…comme s’il n’y avait plus que les ombres, les contours, des bribes de voix, le sillage des gestes, des traces spectrales exposées à la manière de la technique de photographie de contact de Kirlian…autant de “silhouettes” floues hantant le champ de l’action…donnant du poids, de l’ancrage aux souvenirs…

La pièce elle-même semble douée d’une vie propre, calquant son déroulement sur un phénomène d’érosion naturelle…des détails s’effilochent, et s’effacent,

et surnage un assemblage de scories sonores choisies dont l’agencement habité féconde un entrelac de nouvelles pistes…une sorte d’ossature essentielle revisitée…

Il faut une énorme maîtrise de l’artiste pour arriver à s’extraire du paysage, à anticiper son inéluctable disparition et à parvenir à nous glisser dans ces souffles résiduels, ces frôlements, et à nous faire entrevoir ce que l’on peut à peine deviner…

Téléscopant ses sons captés, happés du quotidien dans de constants dialogues de textures, D’incise brouille nos repères faciles, campe les siens propres, ignorant démarcations innées et autres contingences…une oeuvre recombinatoire à l’écoute du monde et de l’évanescent, où l’humain se frotte au minéral, au végétal, à l’artificiel…une oeuvre qui comme le suggère son titre se penche aussi sur notre finitude opposée à la permanence des choses…mais plutôt que d’induire une implacable mélancolie, elle nous grandit étrangement…

-Daniel Crokaert

D’Incise website
Impulsive Habitat website